Services d’aides à domicile – Thierry Pouzol

Monsieur le Président, chers collègues,

Avec cette délibération et la rédaction des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM), nous arrivons au terme d’un long processus d’échanges et de travail autour de la question de l’accompagnement des Services d’Aides et d’Accompagnement à Domicile, autrement dit les SAAD.

Ces contrats représentent une nécessaire avancée pour pouvoir :

  • préserver l’activité de ces services,
  • leur donner une visibilité sur le long terme,
  • et répondre aussi, bien sûr, à une politique d’accompagnement social pour des personnes en situation de handicap ou très fragilisées sur tout le territoire.

Comme précisé dans la délibération, il y a 13 SAAD tarifés sur 170 SAAD autorisés en service prestataire sur le territoire de la Métropole. A eux seuls (je parle des 13 services), ils réalisent 31% de l’activité prestataire de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie ou APA, de la Prestation de Compensation du Handicap ou PCH et de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Agées ou ASPA … sur le territoire de la Métropole.

Ce sont bien de réels partenaires de nos politiques sociales.

Aujourd’hui, revaloriser le taux horaire à 23€ est un signe fort, une nécessité pour ces associations qui aident au quotidien des personnes dépendantes et qui aideront demain :

  • les plus fragiles, au regard des nouveaux contours de la tarification : critère de l’ASPA
  • et parfois les plus éloignés géographiquement des structures : objectif de couvrir les zones dites « blanches ».

En tant qu’élu métropolitain qui n’a cessé de défendre cette cause et, en tant que président de l’AIAD Saône Mont d’Or, j’exprime ma satisfaction, cela devrait nous permettre de passer une année 2020 plus sereine….

En tout cas, cela doit nous permettre de retrouver l’équilibre sur notre activité tarifée, alors que jusque-là des subventions communales compensaient un déficit chronique.

Cela était nécessaire, j’ai eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises dans cet hémicycle.

Toutefois, car il y a un « toutefois », si nous pouvons nous satisfaire de cette situation à l’instant T, nous devons demeurer attentif car, nous le savons, les courbes du vieillissement sont celles que nous connaissons et nous aurons toujours plus de personnes à accompagner et d’aidants, dans les prochaines années…

Et aujourd’hui certaines questions restent posées.

Ce Contrat met en place un taux unique, et se veut être un contrat individuel encadrant les objectifs à atteindre. Il est basé sur un diagnostic partagé, et sur les axes prioritaires de la Métropole. Mais chaque SAAD a des besoins et des moyens différents pour les atteindre

Ainsi, la tarification unique ne permet pas de soutenir financièrement un SAAD qui aurait une ambition particulière, un projet innovant lui permettant d’atteindre les objectifs fixés, mais nécessitant un appui financier. Un projet qu’il pourrait par exemple mutualiser, partager, et qui permettrait de garantir le service attendu, je m’explique…

Nous ne pouvons pas compter que sur les fonds de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie, car nous n’en maîtrisons ni les contours, ni les montants … et encore moins la pérennité…

Alors je m’interroge sur des évolutions possibles à ce sujet, et sur la façon dont nous pourrions encourager demain de tels projets…

Quels projets me direz-vous ?

Un des maux de nos organisations est, nous le savons, le recrutement de professionnels. Une pénurie de personnels qui nous empêche de réaliser nombre d’heures d’intervention, au grand dam des bénéficiaires. Nous pourrions attendre la revalorisation des salaires mais cela risque de prendre un peu de temps…

L’AIAD, que je représente et deux autres SAAD tarifés vont mettre en place sur 2020 des équipes dites autonomes pour exercer différemment, pour revaloriser les métiers, les rendre attractifs en leur redonnant du sens, en responsabilisant les équipes sur la prise en charge des bénéficiaires.
Cette forme de management semble également plus adaptée aux nouvelles générations qui arrivent sur le marché du travail.

Ce projet aura :

– des incidences budgétaires,

– un nombre d’heures « improductives » (entre guillemets) plus importantes

– mais pour une meilleure qualité de service, un absentéisme et un turn over réduits, une meilleure qualité de vie au travail …

Donc… une attractivité donnée à ses métiers en tension, un de nos axes de réflexion. Au bout du bout, l’objectif est de pouvoir continuer à répondre aux besoins de nos populations en ayant attiré de nouveaux profils.

C’est un exemple, d’autres doivent exister sur notre Métropole toujours innovante, mais il mérite d’être regardé de près et sans doute accompagné par la Métropole car il pourrait, entre autres dispositions, nous permettre de répondre plus avant à nos difficultés.

Un nouveau chapitre de cette histoire reste à écrire au prochain mandat !

Merci de votre attention.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s